Quelle est la Vision du Président de la République du CES ?

 

Discours du Président Zine El Abidine Ben Ali à l'ouverture de la nouvelle session du conseil économique et social

 

 

 
Carthage, 26 octobre 1988
 
"Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux
 


Mesdames, Messieurs,

Je suis heureux de vous recevoir et d'assister avec vous à l'ouverture de la nouvelle session de votre honorable conseil, avec le nouveau bureau dont il s'est doté, après avoir modifié, son statut, affermi sa position, élargi ses prérogatives et après être devenu plus représentatif de la société tunisienne, sachant la pluralité de ses composantes et la diversité de courants intellectuels et sociaux qui l'animent.

Nous avons veillé à ce que ce changement matérialise l'une des orientations de l'ère nouvelle, qui est de donner à la concertation la place qui doit être la sienne dans la gestion comme dans l'élaboration des plans de développement et l'esquisse des perspectives d'avenir de notre pays.

Compte tenu du caractère global du changement et soucieux de faire en sorte que votre conseil soit au diapason de ce changement, nous avons voulu que la loi relative à sa transformation soit l'un des premiers textes réformateurs à être soumis à la Chambre des Députés à l'ère nouvelle. En vertu de quoi, nous avons introduit de profonds changements au sein de cette institution constitutionnelle au plan tant de la structure que des attributions, notre but en cela étant de renforcer le débat national autour des options qui intéressent la marche de la nation et d'y associer le plus largement possible les forces sociales, économiques et intellectuelles en leur donnant le loisir d'exprimer leur point de vue sur notre politique de développement.

Certes, cette institution constitutionnelle a déjà rempli, par le passé, le rôle qui lui est assigné, mais le changement de situation a rendu nécessaire l'élargissement de sa base et le renforcement de son rôle et de son efficacité pour qu'elle soit réellement capable de baliser le chemin, en toute clarté et indépendance, concernant les réajustements opérés et les initiatives prises par l'Etat, sachant leur profond impact sur le présent et le devenir du pays, qu'il s'agisse du développement régional, de la réforme de l'éducation ou de l'administration, des réformes sociales, fiscales ou autres.

Pour atteindre cet objectif, nous avons ouvert le conseil,- outre les représentants des organisations professionnelles - aux délégués d'associations et d'organisations qui n'y étaient pas représentées auparavant et qui s'occupent de production intellectuelle, culturelle et artistique et de travail volontaire.

De même, le conseil prend, pour la première fois, une dimension régionale du fait que les gouvernorats se trouvent représentés au sein de son bureau. Ainsi, concilie-t-il les données et ambitions régionales avec une approche nationale, globale du développement dans toutes ses dimensions, ses conceptions et ses implications à l'échelle des régions, ce qui confère à ses avis à ses pôles d'intérêt un caractère plus exhaustif, plus réaliste et plus pragmatique.

Nous avons adjoint à ces membres, des experts en matière d'économie, de sciences sociales et de culture, choisis parmi les plus compétents. Nous avons tenu, qu'à travers eux, se reflète le pluralisme des opinions et des sensibilités pour qu'ils enrichissent les travaux du conseil par leurs expériences respectives, leurs idées et leur vision des choses.

L'élargissement de la base du conseil procède de notre volonté d'en faire une institution prestigieuse et un cadre approprié au dialogue entre toutes les composantes de notre société, pour aboutir à un consensus national autour de choix fondamentaux et judicieux à même de garantir une véritable paix sociale, indispensable à notre développement économique et social.

De même, l'élargissement du conseil et le renforcement de ses prérogatives concourent à étayer la démocratie économique et sociale, laquelle représente l'un des principaux fondements de la démocratie politique au sens le plus large du terme, d'autant que le principe de la concertation permanente n'est pas étranger à nos moeurs intellectuelles et à notre civilisation. Mieux, en adoptant la tradition de la Choura (concertation), nous relions le présent au passé et nous nous efforçons de bâtir un Etat moderne et démocratique, qui soit fortement enraciné dans les valeurs les plus nobles de sa civilisation et, en même temps, résolument ouvert aux valeurs et aux impératifs de l'époque.

Mesdames, Messieurs,

Nous croyons que votre conseil est plus que jamais apte à assumer son rôle en tant qu'institution constitutionnelle catalysant les intérêts légitimes de toutes les catégories socio-économiques et intégrant les plus hautes compétentes et les courants de pensée les plus divers, pour s'élever à la hauteur d'un consensus national, renouvelé, prenant en compte les réalités du pays et les aspirations de toutes les couches de la population à plus de progrès dans la concorde et la solidarité.

C'est sur cette base que le gouvernement entend le consulter sur toutes les législations économiques et sociales ou plans de développement qu'il pourrait envisager. Il s'efforcera de tirer profit de ses avis et suggestions afin que ses rapports avec le conseil soient érigés en saine tradition et en pratique quotidienne.

Nous souhaitons que l'action du conseil, que ce soit dans le cadre des consultations demandées par le gouvernement et la Chambre des députés ou dans celui de ses engagements propres, se distingue par la profondeur de la réflexion, la rigueur et l'analyse et la polarisation de toutes les propositions utiles et constructives, de manière que ses avis servent de référence, surtout qu'il a aujourd'hui la possibilité d'attirer l'attention du gouvernement sur les réformes et les réajustements qu'il jugerait appropriés concernant les questions entrant dans son domaine de compétence.

L'ère nouvelle que vit la Tunisie exige de toutes les couches de la population et, à fortiori des organisations représentatives, non seulement une participation active à la réalisation du changement, mais, également de l'audace dans la réflexion et la capacité de concevoir les solutions pour que notre processus de réforme soit profond, global et tourné vers l'avenir.

Le Conseil Economique et Social, qui se distingue par sa large représentativité des intérêts socio-économiques et des sensibilités intellectuelles au sein de notre société, est tenu plus que toute autre institution, de donner l'exemple en matière de créativité intellectuelle et d'audace réformatrice, tout en continuant à assumer le rôle essentiel qui lui est assigné dans la poursuite du dialogue et le renforcement de la concertation entre les diverses catégories représentées en son sein.

Mesdames, Messieurs,


Le choix qui s'est porté sur vous pour siéger au Conseil Economique et Social vous investit d'une grande responsabilité. Vous êtes, en effet, appelés à consacrer le débat national d'une manière qui puisse attester de l'aptitude de notre communauté à transcender ses contradictions et les divergences d'intérêts de ses diverses composantes, à assimiler les aspirations de toutes les franges sociales au mieux, et à déboucher sur un consensus renouvelé autour des options fondamentales.

Votre désignation vous astreint, également, à ne pas vous contenter d'émettre votre avis sur les projets que le gouvernement et la Chambre des députés vous soumettent, mais à mobiliser toutes vos énergies et vos connaissances pour étudier, disséquer et creuser toutes les questions de votre ressort et à prendre l'initiative de proposer les correctifs ou les réajustements que vous jugerez opportuns. Je vous exhorte à vous montrer à la hauteur de cette mission historique et vous souhaite plein succès.

“O croyants, craignez le Seigneur, parlez avec droiture” (Coran).

Que la paix et le salut de Dieu soient avec vous".



Dépliant du ces

 
 
 
 
 
 
 
 
 
Bienvenu(e)s :: Agenda :: Contact :: Liens Utiles
Conseil Economique et social © 2007
النسخة العربية English version